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une brève histoireStephen Hawking est l’un des astrophysiciens les plus réputés de son temps, et le scientifique le plus reconnu depuis Einstein. Cet état tient autant à la portée de ses travaux en astrophysique qu’à sa condition d’handicapé. En effet, à l’âge de 21 ans, on lui diagnostique la maladie de Charcot, maladie neuro-dégénérative qui le prive peu à peu de l’usage de ses membres et de la parole, mais qui touche également les organes internes, de telle sorte qu’au moment du diagnostic, les médecins ne lui prédisent que quelques années de plus à vivre.

50 ans plus tard, il est effectivement diminué physiquement, se déplace en fauteuil roulant, communique à travers un logiciel et une voix synthétique, mais ses capacités mentales sont intactes et ont mené à de remarquables découvertes physiques, particulièrement dans les domaines de la physique quantique et des trous noirs. Malgré les prédictions fatales du corps médical, Stephen Hawking aura aimé passionnément deux femmes, eu trois enfants, publié un certain nombre d’ouvrages techniques, mais aussi de vulgarisation scientifique qui furent tour à tour des best-sellers. Il aura voyagé sur les 5 continents, plongé dans les fonds marins à bord d’un submersible, rencontré de hauts dirigeants dont la reine Elizabeth, les présidents sud-coréen, chinois, indien, etc., aura animé un nombre incalculable de séminaires et conférences, subjugué un auditoire immense et inspiré de nombreux jeunes scientifiques. Au fond, comme il le dit dans ce récit, « il aura eu une belle vie ».

Je suis une fervente admiratrice de ces « grands Hommes » (avec volontairement un grand H, pour signifier que je parle du génie humain en général sans distinction de genre) qui auront marqué positivement leur temps de n’importe quelle manière, que cela soit en termes de droits de l’homme, de science, de médecine, de littérature, de philosophie, de pédagogie, etc. Je suis aussi passionnée de toutes ces théories astrophysiques qui, pour moi, sont la manière la plus intelligente d’appréhender la question de l’existence de Dieu et de la raison d’être de l’Homme. Qui sommes nous exactement, pourquoi sommes-nous sur Terre, quelle est notre place dans l’Univers, peut-on « voir » la main de Dieu (comme le suggèrent les frères Bogdanov) dans l’immensité complexe du cosmos ? Pour moi, toutes ces questions trouveront un jour leur réponse dans le travail extraordinaire effectué par les astrophysiciens, et non pas dans les élucubrations des théologiens, encore moins dans les délires des ultrareligieux qui pensent détenir déjà la réponse, en stupides égocentriques qu’ils sont.

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Mais je m’égare. Après avoir lu sa « Brève histoire du temps » où Stephen Hawking s’essaie, avec succès, à la vulgarisation de l’astrophysique auprès du grand public, j’étais très impatiente de découvrir sa « Brève histoire de ma vie » où nous sommes sensés découvrir l’homme derrière les travaux scientifiques et comprendre d’où il puise toute son énergie et sa passion. Le moins qu’on puisse dire est que je suis restée sur ma faim.

Je ne sais pas si c’est dû à la traduction qui n’aura pas su reproduire l’effet ironique et d’autodérision dont l’auteur fait preuve quand il se dévoile, ou si Stephen Hawking a finit par calquer sa nature expressive à sa voix synthétique… Toujours est-il que j’ai trouvé le style froid, plat et monocorde. Les phrases s’enchainent sans passion et sans relief. L’écriture est fluide, le récit se lit vite, d’une traite, mais là où je m’attendais à découvrir une foule d’anecdotes intimes, j’ai eu droit de nouveau à une exposition des théories physiques et des découvertes scientifiques. Il est normal qu’il aborde son travail qui représente la majeure partie de sa vie, peut être même la plus intéressante, mais si j’avais voulu une nouvelle leçon sur les trous noirs ou sur la possibilité ou pas de voyager dans le temps, je me serai penchée une nouvelle fois sur « Une brève histoire du temps » qui repose tranquillement sur mon étagère.

Son enfance est plutôt bien détaillée, mais aucun mot sur sa rencontre avec sa première femme, ni sur ses relations avec ses enfants, ni sur la difficulté d’adapter son handicap aux contraintes de la vie quotidienne. Deux mots vite fait sur sa deuxième épouse, quelques anecdotes ci et là sur les relations amicales qu’il entretient avec ses collègues, très peu de choses sur la frustration liée à l’immobilité de son corps…Comme si, finalement, il y avait bien peu de choses à découvrir sur l’homme, qui a finit par consacrer tellement de temps et de passion à son travail qu’au final, on ne peut plus l’en dissocier, comme si son intimité s’était effacée derrière le grand savant qu’il était, qu’il est toujours…

Voilà une lecture assez décevante, en somme. Trop de pudeur, ou peut être pas assez d’intimité à raconter tout simplement…Je ne sais pas. Mention spéciale, tout de même, à celui ou celle qui a choisit la photo en page de couverture que je trouve spécialement émouvante et révélatrice. Entouré des membres de l’équipe d’aviron de l’université où il entame ses études, qui ont du recevoir l’instruction de faire les fous en adoptant chacun une pose originale, il se tient debout, élancé, le bras tendu vers le ciel dans une attitude farouchement « poseuse », et on voit sur ses traits cette détermination sans faille dont il fera preuve tout au long de sa vie jusqu’à aujourd’hui, mais aussi cette sympathie naturelle qui lui permettra d’être bien entouré et de gagner non seulement le respect, mais aussi l’amitié de ses pairs et l’amour de deux femmes qui passeront outre son handicap.

La Brève Histoire de Ma Vie, Stephen Hawking, éditions Flammarion, 175 p.

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