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Maison-ou-mort-autrefoisLe narrateur coule une vie douce et tranquille jusqu’au jour où son ancienne petite amie l’appelle pour lui demander une faveur. Son père décédé lui a laissé une enveloppe avec une étrange clé à tête de lion et le plan du chemin vers une maison. Elle lui avoue dans la foulée ce qu’elle n’a jamais osé lui dire durant leur longue relation: elle n’a aucun souvenir de sa vie avant ses 6 ans, et quelque chose lui dit qu’elle découvrira peut être des éléments de réponse dans cette maison. Seulement, elle a peur d’y aller seule et souhaiterai qu’il l’accompagne.

Le narrateur finit par accepter à contre coeur, et se rend avec elle à cette étrange maison dont personne ne semble connaître les propriétaires, dont les portes et les fenêtres sont condamnées, et qui leur réserve de bien inquiétantes découvertes à l’intérieur. Je n’en dis pas plus pour laisser intact l’effet de découverte, mais disons qu’on va de surprises en surprises, et que les amateurs d’angoisse et du huis-clos seront ravis. La petite amie se révèle peu à peu et on apprend que sa vie de femme mariée et jeune maman n’est pas rose. Mariée à un homme toujours absent et mère d’une fillette de 3 ans qu’elle maltraite, elle pressent que son comportement de mère abusive trouvera son explication dans ses souvenirs refoulés.

Le style très fluide se laisse lire avec une facilité telle qu’on a du mal à lâcher le livre une fois le récit entamé. L’atmosphère angoissante et tendue à souhait est idéale dans ce roman qui s’apparente à un livre d’horreur sans écoulement de sang ni violence à profusion. Le récit suit une construction presque cinématographique, et on visualise sans effort une maison décrite dans le moindre détail qui ne livre ses secrets qu’aux toutes dernières pages. Une maison qui a abrité une histoire fascinante, et qui se révèle comme le véritable héros du roman, bien loin devant les deux personnages principaux qui manquent par contre cruellement de sympathie. La révélation finale paraît un peu tirée par les cheveux, mais ne diminue pas le plaisir de la lecture. Au final un roman assez sympathique, assez prenant, qui se dévore plutôt qu’il ne se lit, sans pour autant être un chef d’oeuvre. Je ne suis pas aussi enthousiaste que certains chroniqueurs qui crient au génie, je pense que certaines « fausses pistes » sont maladroites et n’ajoutent aucun intérêt au récit, certains passages sont imprécis (problème de traduction?) et les personnages auraient gagné à être plus attachants, mais c’est un vrai page-turner qui se lit très agréablement entre deux romans plus profonds. A découvrir donc, sans attentes trop exigeantes.

La Maison où je suis mort autrefois, Keiko Higashino, Actes Sud, 253 p.

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